Mille et une Folies de Mélanie

La petite princesse, le Petit Prince… et les schémas inconscients

J’adore les histoires pour enfants, même à l’âge adulte. Mon corps a peut-être accumulé quelques décennies, mais je lis encore avec mon cœur d’enfant. Je m’émerveille devant des albums illustrés, des récits fantastiques, des films d’animation comme Épic de William Joyce (adapté par Blue Sky Studios), Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman, ou encore Les Animaux fantastiques de David Yates.

En préparant cette chronique, un souvenir m’est revenu : j’ai joué le rôle du Petit Prince à l’école primaire. Avec mes cheveux blonds courts et mes grands yeux bleus, je ressemblais étonnamment au personnage. D’ailleurs, on me prenait souvent pour un petit garçon plutôt qu’une petite fille. Peut-être aurais-je dû intituler cette chronique La petite princesse. Et croyez-moi, j’ai porté ce syndrome bien trop longtemps… avec toutes les conséquences que cela implique. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment?

Pendant des années, j’ai cherché un sens à ma vie. M’identifier à des personnages de fiction m’a littéralement aidée à survivre à l’enfance, à l’adolescence. Je m’imaginais forte, invincible… Ces adjectifs — car pour moi, ce ne sont pas des valeurs profondes, juste des façades — m’ont permis de traverser mes zones d’ombre. Fuir la réalité était devenu un mécanisme. Les contes, les récits héroïques, me sauvaient. Ils étaient mes refuges. Mes armes contre les ténèbres intérieures.

Aujourd’hui, avec un regard plus lucide, je comprends qu’il s’agissait de schémas psychologiques fondamentaux. Des modes de fonctionnement inconscients, ancrés depuis l’enfance, souvent toxiques, et qui m’ont conduite à des relations dysfonctionnelles, à des dérives comportementales. Le livre Je réinvente ma vie de Jeffrey E. Young et Janet S. Klosko est à ce titre une révélation : on y explore onze schémas issus de l’enfance, leurs impacts dans nos vies d’adulte, et surtout, des moyens de les dépasser. Mais attention : ce processus n’est pas pour les cœurs fragiles. Il faut une immense dose d’amour, de douceur… et peut-être même l’aide d’une force supérieure. Parce que se transformer, ce n’est pas une affaire d’égo. C’est un cheminement humble, profond, et exigeant. Mais ô combien libérateur.

J’aime creuser l’origine des choses. Les schémas, eux, ne datent pas seulement de mon enfance. Ils remontent bien au-delà. Ce que j’appelle le « syndrome de la petite princesse » a un nom reconnu : le complexe de Cendrillon, tel que défini par Colette Dowling en 1981 dans The Cinderella Complex: Women’s Hidden Fear of Independence.

Selon les définitions de Wikipédia et Psychologue.net, ce syndrome provient d’une éducation genrée : les filles sont conditionnées à être douces, dépendantes, à attendre le prince charmant. Les conséquences? Un désir inconscient de se faire prendre en charge. Chez certains hommes, c’est le fantasme de la conquête, de la réussite à tout prix, comme si l’amour ou la gloire pouvaient résoudre leur mal-être. Ces scénarios mènent à des attentes irréalistes, à des relations bancales. De véritables pièges psychologiques.

Un autre schéma tout aussi connu : le complexe de Peter Pan. Ne pas vouloir grandir. Vivre dans un corps d’adulte avec une âme figée dans l’enfance. Dan Kiley en parle dans son livre de 1993, décrivant ces hommes (et parfois ces femmes) comme narcissiques, émotionnellement immatures, fuyants, dépendants. Le monde est rempli de ces âmes perdues. Et bien que des solutions existent, encore faut-il le vouloir. Le changement commence toujours par une prise de conscience.

Pourquoi croit-on autant aux histoires qu’on nous raconte? Je l’avoue : j’ai longtemps cru aux contes de fées. Ils m’ont permis de survivre. Mais aujourd’hui, je ne veux plus survivre, je veux vivre. Et ces vieux récits, devenus toxiques, je choisis de les déconstruire. Grandir, ça commence par là.

Est-ce facile? Absolument pas. Mais une conscience à la fois, je trace mon chemin. Et même si j’ai encore du mal à accepter la réalité telle qu’elle est, c’est la voie que j’ai choisie. Dans ma tête, je rêve d’un monde plus respectueux, plus compatissant, plus solidaire. Et même un petit pas dans cette direction me donne de l’espoir.

Mes prises de conscience, d’ailleurs, sont souvent physiques : maux de tête, nausées… Des symptômes légers, mais révélateurs. Des douleurs nécessaires. Comme un mal qui parle. Un mal divin, comme je l’ai baptisé. Un manque de spiritualité. Un vide que seul un éveil intérieur peut combler. Quand je laisse tomber mes défenses, une force magique peut agir. Une force qui, parfois, m’a littéralement sauvée la vie. Je n’ai pas créé ce monde. Ni les fleurs. Ni les oiseaux. Mais je choisis aujourd’hui d’en faire partie pleinement.

Et si la solution était dans… le miroir?

Mes personnages préférés sont maintenant dans les salles communautaires, dans les sous-sols d’églises, dans ces cercles de parole et de guérison. Je me vois en eux. Je comprends enfin les schémas. Je découvre comment les briser. Pas à pas. Une émotion à la fois. Ce casse-tête, je le reconstruis selon mes propres valeurs.

Une méthode m’aide particulièrement : celle des douze étapes. Pourquoi douze et pas onze ou treize? Parce que douze est le chiffre sacré de l’ordre, du cycle, de la structure cosmique. Vous doutez? Lisez L’Ancien Secret de la Fleur de Vie de Drunvalo Melchizédek. Ces deux tomes sont une boîte de Pandore… ou un coffre à trésors. À vous de choisir ce que vous y trouvez. Moi, je ne suis qu’une messagère.

Le Petit Prince a apprivoisé la rose. Le renard lui a dit : « S’il te plaît… apprivoise-moi. » Et c’est ça, le vrai chemin : s’apprivoiser soi-même. Grandir. Partager. S’ouvrir à la grâce. Le Petit Prince est devenu adolescent dans Le Retour du jeune Prince de A.G. Roemmers. Cendrillon peut réécrire son conte. Peter Pan peut choisir de devenir adulte. Nous avons tous le pouvoir de nous réinventer.

Alors je te pose la question :
Quand t’es-tu vu(e) pour la dernière fois dans le miroir de l’autre?
Qu’est-ce qui est vraiment important à tes yeux?
Et qu’aimerais-tu transformer pour grandir… spirituellement?

Voici un texte que j’ai écrit pendant une certaine époque qui s’intitule..

On m’avait dit

On m’avait dit, tu vois ton reflet dans leurs yeux, Dis-moi qu’est-ce qui te dérange?

Je reste moi-même et je ne changerais pour personne, au final tout s’arrange

Tu peux m’empêcher de laisser vivre ma voie

Tu es ce que tu dis et tu es ce que tu fais, tu es ce que tu écris et tu es ce qui t’effraie

Le déni est la résistance à la vérité

Même si la vérité peut faire mal ou nous libérer

La peur est l’absence de l’amour

Alors je m’aimerais pour tous les mal-aimés

On me dit, tu vois ton reflet dans leur yeux, dis-moi qu’est-ce qui te dérange?

Mais je reste moi-même et je ne changerai pour personne

Au final, tout s’arrange

Fais le ménage dans ta vie

Tasse ceux qui ne t’apporte rien ou veulent te rabaisser pour se remonter

Les gens ne font que passer

Dis-leur merci pour tout et aurevoir, n’essaient pas de les convaincre du bien-fondé

Et on me diras, tu vois ton reflet dans leurs yeux

Dis-moi qu’est-ce qui t’arrange?

Reste toi-même, jamais tu ne changeras pour personne

Même si tous te dérange

Autrice

melanie.gilbert.1001@gmail.com

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